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Le tournage du fantôme du Teraï a débuté au sud-ouest du Népal en 2006.


L'objectif était à l'époque de restituer avec authenticité le travail de pistage réalisé avec des guides locaux sur la trace des derniers tigres sauvages, à pied, et sans armes, au coeur de la jungle népalaise. Réalisées, camera à l'épaule avec un équipement léger, les premières séquences du film proposaient donc essentiellement une immersion "sensorielle" dans un environnement à la fois hostile et envoûtant, rythmé par d' imprévisibles rencontres avec la faune.


Le fantôme du Teraï évoquait alors une quête, une obsession insatisfaite, une volonté de ressentir au plus près le mystère éternel de la vie sauvage. Le caractère insaisissable et la dimension mythologique du Tigre, conféraient aux images une étrange atmosphère d'enquête, au cours de laquelle l'imaginaire du spectateur était alimenté, tant par la place du tigre dans l'inconscient collectif que par la découverte d'un univers inconnu, aux codes déroutants, aux fonctionnements difficiles à rationaliser.


Au fil des saisons, l'auteur s'est intéressé aux relations qui lient et opposent les tigres et les hommes dans la région. En découvrant, les mécanismes économiques, politiques et culturels qui font peser sur la faune sauvage une menace d'extinction à court terme, il a choisi d'orienter le film vers la compréhension des problématiques liées à la contrebande illégale d'animaux sauvages.


Ces trafics, à destination de riches consommateurs principalement asiatiques, et orchestrés par des réseaux criminels internationaux, souvent impliqués également dans la contrebande d'armes, de drogues, d'êtres humains ou d'activités terroristes, ont pris depuis une vingtaine d'années une dimension planétaire, menaçant l'ensemble de la grande faune mondiale sur tous les continents.


Le fantôme du Teraï version 2014 est le résultat de ce triple travail, de pistage en milieu naturel, d'enquêtes menées localement auprès des principaux acteurs de l'évolution de la situation du tigre au Népal (Villageois, ONG, guides, forces de sécurités...), et à l'international auprès de responsables d'agences de renseignement, de fonctionnaires d'Interpol, de journalistes.


En complétant ainsi ses recherches, l'auteur a pour ambition de réaliser une étude complète de la situation du Tigre, de la jungle népalaise jusqu'aux plus hautes instances internationales, afin de dresser un tableau exhaustif de la criminalité liée aux espèces sauvages, criminalité méconnue du grand public, mais dont les conséquences menacent chaque jour davantage l'équilibre écologique et la sécurité du monde.